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DropRandom

L'histoire du tirage au sort

Les humains pratiquent cela depuis très longtemps, et pour de bonnes raisons.

Bien avant DropRandom, bien avant internet, bien avant l'électricité, les gens se posaient déjà une question pratique : qui devrait s'en charger ? Leur réponse était de laisser le hasard décider. C'est encore aujourd'hui la réponse la plus équitable dont nous disposons.

Grèce antique

Athènes, cinquième siècle avant notre ère. La première démocratie. Les magistrats étaient choisis non par élection mais par tirage au sort. Le raisonnement était simple : les élections favorisent les riches et les beaux parleurs, alors qu'un tirage au sort donne à chaque citoyen éligible la même chance.

Ils ont construit une machine en pierre pour cela, appelée le Klérotérion. Les citoyens y inséraient des jetons d'identité, des dés noirs et blancs tombaient à travers un tube, et les jetons correspondants étaient sélectionnés pour devenir magistrats du jour.

Aristote a écrit plus tard que la sélection par tirage au sort était plus démocratique que le vote. Il avait raison.

La Bible

Le tirage au sort apparaît soixante-dix-sept fois dans l'Ancien et le Nouveau Testament. La terre de Canaan est partagée entre les tribus par tirage au sort. Un successeur de l'apôtre Judas est désigné par tirage au sort. Des soldats romains tirent au sort la tunique de Jésus.

Proverbes 16:33 le résume bien : on jette le sort dans le pan de la robe, mais toute décision vient du Seigneur.

Corée

Le plus ancien récit coréen recensé de tirage au sort vient du Samguk Yusa (XIIIe siècle). Un envoyé royal fut surpris par une tempête en mer. Il écrivit les noms de cinquante soldats sur des bâtonnets de bois et les jeta à l'océan. Celui dont le bâtonnet coulait en premier devait rester sur une île et affronter ce qui s'y trouvait. Le soldat s'appelait Geotaji. Il resta, et devint plus tard une légende.

Le mot coréen 제비 (jebi) pour tirage au sort vient d'un verbe signifiant « attraper ». La même tradition se prolonge des présages antiques jusqu'aux loteries d'appartements de la Corée moderne.

Japon et Chine

Au Japon, les omikuji (おみくじ) sont des bandelettes de papier de bonne aventure tirées dans les temples. On secoue un cylindre de bâtonnets numérotés jusqu'à ce que l'un d'eux tombe, on retrouve la bandelette correspondante et on lit sa prédiction. Les mauvaises prédictions sont nouées à un arbre et laissées sur place.

En Chine, le qiuqian (求籤) fonctionne de la même façon : on secoue un récipient en bambou devant l'autel d'un temple, on laisse tomber un bâtonnet et on demande à un moine de l'interpréter. Le Yi King, l'un des plus anciens livres de l'histoire de l'humanité, est au fond une manière sophistiquée de demander une réponse aléatoire.

Italie médiévale

Venise et Florence dirigeaient leurs républiques selon un système mêlant vote et sélection aléatoire, afin qu'aucune faction ne puisse truquer le résultat. Le doge de Venise, premier magistrat de la cité, était choisi au terme d'un processus complexe en plusieurs tours mêlant vote, tirage au sort, puis vote à nouveau.

Les élections pouvaient s'acheter. Les tirages au sort étaient bien plus difficiles à corrompre.

Rome

Toutes les utilisations du sort n'étaient pas douces. L'armée romaine pratiquait la decimatio : si une unité reculait par lâcheté, un soldat sur dix, désigné par tirage au sort, était exécuté par ses propres camarades. Aléatoire, équitable dans la forme, et absolument brutal.

Les jurys modernes

Les systèmes de sélection des jurés aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays de common law reposent encore sur le tirage au sort. Les noms sont tirés au hasard à partir des listes électorales ou des fichiers de permis de conduire. Le caractère aléatoire est considéré comme une partie de ce qui rend un jury légitime : un accusé ne peut pas reprocher à un jury tiré au sort d'avoir été choisi pour le condamner, et un procureur ne peut pas lui reprocher d'avoir été constitué pour l'acquitter. Le sort est le mécanisme de confiance, et le mécanisme de confiance est l'enjeu central.

Le fil commun

Chaque culture, chaque époque, chaque continent est arrivé indépendamment à la même conclusion. Lorsque les gens ne peuvent pas se mettre d'accord, ou lorsque les enjeux sont trop importants pour qu'un biais soit acceptable, un tirage au sort est le juge le plus équitable disponible.

Les Grecs ont construit des machines pour cela. Les Coréens jetaient des bâtonnets à la mer. Les Japonais secouent des bambous dans des sanctuaires. La Bible y souscrit soixante-dix-sept fois.

Essayez le tirage aléatoire maintenant.

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